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Nous avons eu le plaisir d'accueillir, durant 3 jours, notre partenaire, Alfonso VALLEJO QUEREJETA du centre de formation TARTANGA situé à côté de BILBAO (pays Basque Espagnol) dans le cadre d'un job shadowing avec Erasmus +. Nos échanges ont porté sur nos systèmes respectifs de formations professionnelles, ainsi que sur nos méthodes pédagogiques. En Espagne, la formation est principalement dispensée par l’Education Nationale. Peu de centres de formation privés existent. En France, notre système est plus varié. L'enseignement et la formation peuvent dépendre de plusieurs ministères (Education Nationale, Emploi, …). En Espagne, la formation est fortement décentralisée ; les lois nationales sont adaptées et gérées par les administrations régionales qui ont une assez grande autonomie. Les coûts de la formation sont pris en charge par le gouvernement régional qui sélectionne aussi les «étudiants». Ceux-ci se sont, pour la plupart, inscrits en fin de parcours primaire (Baccalauréat). Il existe un système équivalent à «Parcours Sup». Les formations post-bac font parties du parcours secondaire. Les autres «étudiants» sont envoyés en formation par les entreprises pour acquérir des compétences complémentaires inhérentes à leur fonction. Les demandeurs d’emploi peuvent très difficilement accéder aux formations, car si l’agence pour l’emploi leur propose un poste, ils ne peuvent refuser sous peine de perdre leurs allocations (peut être, y-a-t-il des différences dans d’autres régions que le Pays Basque). Les Espagnols n’ont pas d’équivalent aux CPF et CIF. Les entreprises ne versent pas de taxe d’apprentissage, ni de professionnalisation. Pour financer l'alternance, ils devront peut-être y avoir également recours. L’apprentissage commence à se mettre en place en Espagne depuis 2013 suite à une directive européenne qui oblige les différents pays à le développer. C’est pour l’instant presque inexistant au Pays Basque. Quant aux entreprises, elles ne connaissent pas en général ce dispositif. Un autre problème auquel sont confrontés les centres de formation se situe au niveau des formateurs. Il n’y a que très peu de souplesse pour faire appel à des intervenants extérieurs à l’Education Nationale espagnole. Les formateurs sont en quasi-totalité des fonctionnaires, ce qui implique l’absence de professionnels actifs dans l’enseignement. Même si, comme Alfonso, ils peuvent être d’anciens professionnels, ils perdent rapidement les liens avec le monde de l’entreprise et ont du mal à se mettre à niveau. Au plan pédagogique, nous avons évolué dans les mêmes directions avec nos expériences respectives. C’est-à-dire, proposer aux stagiaires de réaliser des produits de types professionnels au cours desquels nous incorporons les cours théoriques le plus possible au moment où les stagiaires prennent conscience de leurs besoins. Ils deviennent donc acteurs et solliciteurs de cours théoriques développant ainsi leur motivation et leur intérêt. Plus les produits réalisés sont professionnalisants, et plus les stagiaires s’intègrent rapidement en stage ainsi qu’en retour à l’emploi. Comme ces produits sont intégrés à la formation et non à faire en « devoir à la maison », et donc avec un formateur en soutien permanent, il n’y a pas d’échec et les erreurs que commettent les apprenants sont constructives et amènent à des compléments de connaissances et une meilleure assimilation des compétences. Pour les stages en entreprise, Alfonso est plus actif avec Erasmus pour que les apprenants puissent aller dans d’autres pays d’Europe (il faut dire qu’il y a peu d’entreprise en audiovisuel vers Bilbao).

Echanges sur la formation professionnelle en Espagne et en France

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